Dans ce manifeste est réclamé plus d’ouverture aux dimensions économiques, sociales, environnementales et politiques des techniques, notamment par une place plus grande faite aux sciences humaines et sociales dans la formation.

L’apprentissage du doute et de l’esprit critique devrait s’accompagner de méthodes d’enseignement plus actives.

Le manifeste insiste sur la dimension collective de l’activité de l’ingénieur(e) dont la « responsabilité doit se comprendre comme une démarche collective » susceptible de dénoncer préjudices, mécanismes de domination, atteintes aux biens communs …

Bien consciente que division technique et sociale du travail sont liées, l’association estime que la formation doit aussi permettre aux futur-e-s ingénieur-e-s de penser cette organisation du travail au sein de laquelle va leur être assignée une place de cadre et s’y penser de façon critique.

Enfin, la structure institutionnelle des formations est aussi en cause. Dénonçant leur trop grande soumission aux intérêts privés, le manifeste réclame un rapprochement avec l’université, d’une part, et une meilleure représentation des étudiants au sein des instances de gouvernance, d’autre part.

Ambitieux programme de réforme on le voit qui, dans sa préoccupation de pluralisme, d’esprit critique et de refus de la formation à détroits intérêts (intellectuels ou économiques) particuliers rejoint celle des étudiants de PEPS-économie ou des professeurs de l’Association des professeurs de sciences économiques et sociales qui s’inquiète de l’entrée massive de représentants de l’Institut de l’entreprise, think tank lié au MEDEF au sein du Conseil national Education Economie.

Gérard Grosse
Billet publié le 06 mai 2015