En effet, en quelques jours plusieurs déclarations convergentes ont fait état d’inquiétudes devant les conséquences négatives que le projet actuel pourrait avoir pour la formation économique et sociale des lycéens.

Le président de l’association française de sciences économiques (AFSE), Jean-Michel Charpin, déclarait le 6 novembre à l’AEF : "Les annonces récentes de Xavier Darcos sur la place des sciences économiques et sociales ont fait l'effet d'une douche froide. Elles laissent craindre un scénario de marginalisation, au moins en classe de seconde(…) Nous pensons notamment que la filière ES - quel que soit son nom - a vocation à l'excellence et qu'elle doit se définir d'abord par l'apprentissage d'un certain nombre de connaissances et de compétences, tant en économie que dans les autres sciences sociales l'AFSE craint que le nombre d'élèves concernés par l'enseignement des SES soit réduit par rapport à la situation actuelle".

De son côté, le Codice (Conseil pour la diffusion de la culture économique, organisme créé par le ministère de l’Economie et des Finances en 2006), dont la mission est de promouvoir la diffusion de la culture économique, sans se démarquer de la réforme, regrette la marginalisation de l’enseignement de sciences économiques et sociales en classe de seconde. Ce regret était présent dans l’intervention d’Isabelle Knock-Méo, déléguée générale du CODICE lors de la première rencontre annuelle de l’Idies, mercredi 5 novembre. Le président du comité exécutif du même Codice, Nicolas Bordas, président du groupe de publicité TBWA, ne dit pas autre chose dans un entretien à Rue89. Il y propose de rendre obligatoire un module "sciences de l'économie et de la société" pour que 100% des élèves de secondes y aient eu accès et, par ailleurs, de demander à chaque élève de seconde de faire une sorte de monographie d’une entreprise ou d’une organisation, en la traitant sous différents angles (géographique, économique et social).

Dernière déclaration, qui sera rendue publique lors des « Journées de l’économie », à Lyon, les 20, 21 et 22 novembre. Elle devrait regrouper les signatures d’associations (Apses, Association française de sociologie, Association française de science Politique, etc.) et de personnalités (Ph. Meirieu, Ch. Baudelot, etc.). Un souci d’unité face à ce qui est perçu comme un danger pour l’enseignement des sciences économiques et sociales réunit dans cette déclaration (ci-dessous) ceux qui, comme Alain Beitone, faisaient une lecture très positive du rapport Guesnerie et estimaient qu'il n'y avait pas de danger pour les sciences économiques et sociales en seconde, et ceux qui, comme l’Apses, étaient beaucoup plus critiques.
Elle affirme la nécessité que l'enseignement de sciences économiques et sociales conserve, voire élargisse sa place au lycée, estime qu'il doit concerner tous les élèves de seconde et, en première et terminale, être offert à tous les élèves, quelque soit la "dominante" choisie.

Article mis en ligne le 10 novembre 2008.