La cote de l'économie de marché en baisse, sauf en France !
L’instabilité des marchés financiers internationaux commence à ternir l’image de l’économie de marché en tant que telle. C’est ce que montre la récente étude internationale, réalisée par le cabinet de conseil GlobeScan et deux centres de recherches de l’Université de Maryland (Etats-Unis) : invités à dire si la liberté d’entreprendre et l’économie de marché offrent le meilleur système pour « bâtir l’avenir du monde », les habitants de la plupart des 18 pays étudiés - sauf la France - répondent plus souvent par la négative que lors du sondage précédent, réalisé en 2005.
Inversement, on observe une augmentation sensible d’une demande de régulation des marchés. Peu surprenantes, ces réponses sont étroitement corrélées : là où la confiance est en baisse, on note aussi une augmentation des demandes de régulation. Particulièrement prononcée en Corée du Sud et au Chili (où l’opinion favorable a chuté respectivement de 15 et de 14 points depuis le sondage précédent, réalisé en 2005), au encore en Turquie, devenue désormais le pays le plus méfiant à l’égard du marché (les opinions favorables n’étant plus émises que par 34 % des personnes interrogées, contre 47 % en 2007).
La France, longtemps quasi-lanterne rouge mondiale en matière d’amour pour l’économie de marché, remonte la pente avec désormais 41 % d’opinions favorables, à comparer aux 36 % observées en 2005.
Cette double tendance est également constatée dans des pays aussi différents que le Royaume-Uni, la Chine ou encore le Kenya. Les auteurs de l’étude observent, non sans étonnement, que la France, longtemps quasi-lanterne rouge mondiale en matière d’amour pour l’économie de marché, remonte la pente avec désormais 41 % d’opinions favorables, à comparer aux 36 % observées en 2005. Comme quoi l’influence délétère prêtée aux enseignants de Sciences économiques et sociales demeure limitée ! Le Conseil pour la diffusion de la culture économique (Codice) a cependant encore du pain sur la planche pour guérir définitivement les Français de leur aversion au marché : les opinions négatives demeurent légèrement plus nombreuses (45 %) dans notre pays.
Article de Wojtek Kalinowski, déjà publié sur www.alternatives-economiques.fr sous le titre "Les doutes sur le laissez faire" et reproduit avec l'autorisation de l'auteur et de l'éditeur
