Unanimité pour revendiquer une amélioration de la place des SES en seconde


Dans une lettre ouverte du 15 juin les associations de spécialistes (économistes, sociologues, politistes) interpellent le ministre de l’Education nationale pour demander « que les SES, plébiscitées par les lycéens, ne soient plus traitées comme un « enseignement d’exploration » parmi d’autres mais soient intégrées dans le tronc commun de la classe de seconde avec un horaire revalorisé, comprenant des dédoublements obligatoires, sans lesquels l’initiation aux démarches spécifiques des sciences sociales ne peut être sérieusement envisagée ». Les responsables de ces associations, rappelant que des courriers précédents étaient restés sans réponse, insistent pour être reçus et écouté par le ministre.

Programme de terminale : camouflet pour le groupe d’experts et le ministère


Quelques jours plus tôt, le programme de terminale, élaboré par un groupe d’experts dirigé par Jacques Le Cacheux et remanié après consultation était soumis au Conseil Supérieur de l’Education, où il était repoussé à une large majorité. Le quotidien « Les Echos » ne s’y est pas trompé qui parle de « camouflet » pour le ministère.

Le ministère – en l’occurrence il s’agit de l’Inspection générale de sciences économiques et sociales – a aussi décidé de modifier les épreuves du baccalauréat. Fidèle aux pratiques du Nouveau management public, la modification s’opère sans tenir compte de l’avis des professionnels sur le terrain. Le changement consiste en particulier à remplacer « l’épreuve de synthèse » existante par une nouvelle épreuve qui va demander aux candidats beaucoup plus de « restitution » de connaissances et beaucoup moins de réflexion et d’argumentation. Le risque est d’induire en amont un bachotage intensif tout au long de l’année scolaire. Ce qui, finalement, serait plutôt cohérent avec des programmes caractérisés par l’empilement des thèmes et notions.

Le ministère peut-il continuer à faire la sourde oreille ?


La transformation en catimini des épreuves du baccalauréat quand elle sera connue des élèves et des parents risque de provoquer des oppositions. Qui viendraient s’ajouter à une coupe déjà bien pleine : unanimité pour demander un changement du statut des sciences économiques et sociales en classe de seconde ; opposition majoritaire des enseignants de SES au nouveau programme de première et demande d’un « moratoire » sur son application ; rejet par le CSE, dont l’avis n’est certes que consultatif, du programme de terminale.



Le ministère qui misait probablement sur l’usure et la démobilisation pourra-t-il se murer encore longtemps dans son intransigeance ?

Gérard Grosse
Billet publié le 21 juin 2011